25 juin 2006
Paris, je t'aime
N'étant pas fan des courts métrages, ma premiére impression sur cet ensemble de courts est que c’est un projet brouillon qui donne matière à de très bons films. Chaque court nous laisse un peu sur notre faim, on attends toujours une suite, un développement de l’histoire.
La qualité des courts n’est pas non plus équivalente. Certains sont vraiment vides de sens tout comme de sentiments (pourtant c’est d’amour qu’on parle ici) alors que d’autres sont de vraies petites perles. Mais on sent la passion de chaque réalisateur, sa volonté de nous transmettre quelque chose qui lui tient bien à cœur.
Les courts qui m’ont marquée:
Place des fêtes d’Olivier Schmitz.
Ce court a fait verser quelques larmes dans la salle, dont les miennes. Le seul court de cet ensemble qui raconte vraiment une histoire « complète ». On commence par un plan serré sur Saydou Boro. A première vue il a du se souler, ce personnage parait antipathique. Une femme vient l’aider. Il semblerait qu’ils se connaissent. Génial, encore une histoire d’amour qui se termine par de plates excuses. Non ! La caméra fait un zoom en arrière et on découvre qu’une ambulance est là, la femme est infirmière. L’histoire fait un zoom en arrière et on apprend le destin tragique de cet homme dont la vie tourne mal en l’espace d’une rencontre. Le déplacement vaut rien que pour cette histoire dont je ne vous dévoilerais pas plus.
Faubourg Saint-Honoré de Tom Tykwer.
Premier grand atout de ce court : Natalie Portman toujours aussi merveilleuse comme à son habitude. Ensuite, son réalisateur qui certes ne réinvente pas les histories d’amour mais peut être la façon de les narrer. Le court commence bien évidemment par la rencontre de ses protagonistes et s’accélère vers la fin pour arriver à un rythme d’une cadence incroyable. Raconté du point de vue de Melchior Beslon qui interprète le petit ami aveugle de Natalie Portman, on assiste à ce qu’il a vécu avec sa bien aimée depuis leur rencontre. C’est une répétition d’événements (ses rires, ses colères, ses cris « avec ou sans raison », etc.). Un moment de cinéma marquant qui rappelle un peut le début de L’Auberge Espagnole.
Le marais de Gus Van Sant
Pour ce court il n’est pas indispensable d’annoncer son auteur. On reconnaît d’emblée la particulière façon de filmer de Gus Van Sant, ainsi que sa manière de diriges ses acteurs. Rythme plus posé que pour les autres courts et performance d’acteurs quelque peu plus théâtrale (mis a part la séquence de mimes du court Tour Eiffel). Gaspard Ulliel y fait un monologue assez prenant, pas étonnant qu’Ellias McConnel (vu dans Elephant) n’y resiste pas.
Tulleries de Joel et Ethan Cohen.
Quel acteur ce Steve Buscemi ! Ici tout passe par son simple regard ! Personne d’autre n’aurait pu jouer le rôle de ce touriste qui en attendant son métro tombe sur un couple plutôt…étrange !
La mise en scène des frères Cohen est méticuleuse, tout est filmé au détail prés ce qui rajoute à l’ambiance un peu « psychose », mais pas dangereuse, de ce court.
Parc Monceau d’Alfonso Cuaron.
Filmé en plan-séquence, ce court commence par la rencontre d’une fille avec son père, lesquels il nous semble, partagent des fantômes du passé et les problèmes actuels de leurs vies respectives. La fin nous réserve tout autre chose. Un humour bien particulier. Les habitués des histoires tragiques vont se faire avoir !
Ludivine Sagnier et Nick Nolte font preuve d’une belle complicité en ces quelques minutes !
Loin du 16e de Walter Salles et Daniela Thomas.
Court le plus court de la série et l’un des plus efficaces. En deux chansons, trois scènes tout est dit.
Les autres courts, qui à mes yeux sont passés quelque peu inaperçus, ont l’avantage tout de même d’avoir Maggie Gyllenhaal pour principale protagoniste, si belle quand elle parle français (Quartier des enfants rouges d’Olivier Assayas) ou encore des mimes hors pair (Tour Eiffel de Sylvain Chomet).
Aucun des courts ne déçoit vraiment car ils sont sauvés par l'ensemble mais des grands noms comme Assayas, Payne, Craven et Natali sont capables de mieux. Et faut bien le dire, qu’un projet d’aussi grande ampleur et aussi casse gueule que celui-ci (réunir autant de réalisateurs) aurait pu tourner très mal.
Mais là, je peux vous assurer que les amoureux de Paris vont aimer Paris, je t’aime !


